Qu’on en commun la fumée d’un incendie et une armoire de produits chimiques? Ils contiennent bien souvent les mêmes produits dangereux.

En effet, lors d’un incendie, les pompiers sont exposés à de nombreux dangers outre le feu. Leur exposition au gaz, à la fumée, à la chaleur, au sang, aux liquides biologiques, aux toxines et aux contaminants est diminuée par les vêtements de protection qui agissent comme barrière thermique et physique. Toutefois, cette protection n’est pas parfaite, surtout que les incendies de nos jours sont beaucoup plus redoutables que ceux d’autrefois, en particulier par la toxicité de la fumée, la grandeur des bâtiments et la quantité de combustibles présents.

Problématique

Les habits de combat des pompiers, qui ne sont pas conçus pour résister aux produits chimiques, perdent de leur efficacité lorsqu’ils sont contaminés par la fumée. On remarque alors une dégradation de l’état des tissus, du ruban de scellage des coutures et de l’efficacité des bandes réfléchissantes. Les habits deviennent également davantage inflammables, moins durables plus conducteurs de chaleur et d’électricité. Des habits sales ou contaminés exposent donc les pompiers aux contaminants par ingestion, inhalation ou absorption cutanée. À une certaine époque, porter un habit de combat sale et couvert de traces de suie était l’ultime marque d’honneur de la profession. Des études ont depuis démontré que des composants organiques volatils toxiques émanent des uniformes de combat bien après l’extinction des flammes et tuent les pompiers à petit feu jusque dans les casernes.

Même si un habit n’a pas de taches ou de saletés apparentes, cela ne signifie pas qu’il n’est pas contaminé. Si ça sent la fumée, c’est contaminé!

Marche à suivre

Il est fortement recommandé aux pompiers d’améliorer leurs pratiques afin de réduire leur exposition aux contaminants. Certaines procédures opérationnelles de décontamination des équipements de protection sont maintenant exigées : des douches portables à la sortie des immeubles en flammes, un brossage immédiat des habits de combat et un retrait méticuleux du casque. Les cagoules portées sous le casque seraient la principale porte d’entrée d’hydrocarbures cancérigènes dans le sang des pompiers.

Après un incendie, les habits de pompiers utilisés ne sont pas simplement souillés, ils sont contaminés par des matières dangereuses. Un nettoyage doit donc être effectué le plus rapidement possible dans le but d’éliminer la plus grande quantité de contaminants présents à la surface des habits de combat avant qu’ils ne s’y fixent ou ne s’y incrustent. Cela permet de limiter au maximum le transfert de contaminants à l’intérieur du camion et dans la caserne, ce qui réduit du coup l’exposition des pompiers.

Sur les lieux de l’intervention, afin d’éviter la contamination des pompiers, des équipements et de la caserne, chaque pompier doit idéalement :

  • Mettre des gants jetables lors de la manipulation/du nettoyage de vêtements et d’outils ayant servi au cours de l’intervention.
  • Procéder au nettoyage/à la décontamination de son habit de combat.
  • Retirer l’appareil de protection respiratoire, puis le placer dans un sac étanche.
  • Retirer la cagoule, puis utiliser des lingettes nettoyantes pour se nettoyer le visage, le cou et les mains.